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Un exemple réussi de Ppp dans le domaine de la santé.

En moins de deux ans de travaux, le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) a pu livrer partiellement l’hôpital Mathlaboul Fawzaini de Touba, où sont actuellement soignés des malades de la Covid-19. Un exemple réussi de partenariat public-privé (Ppp) selon le modèle Build, Own, Transfer (Bot) que l’État entend répliquer pour renforcer les infrastructures sanitaires.

Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale (Msas) a réceptionné, début juin, une partie du nouveau bâtiment de l’hôpital Mathlaboul Fawzaini de Touba. Cette infrastructure, d’un coût d’un peu moins de 10 milliards de FCfa payable par l’Etat en dix ans, dont le financement a été conçu avec le Fonsis, tout comme la construction, relève de la nouvelle approche du Msas pour relever le plateau médical du Sénégal. Ce contrat de Partenariat public-privé a été ainsi confié au Fonsis, pour le financement et la livraison clés en main de l’infrastructure équipée par sa filiale Polimed spécialisée dans la construction et la gestion d’infrastructures de santé. Alors que la pandémie à coronavirus a fini de révéler la vulnérabilité des systèmes de santé dans nos pays, le directeur général du Fonsis ne regrette pas d’avoir fait de l’investissement dans la santé une priorité dès le départ. « Je me souviens quand on parlait à nos partenaires de la santé, ils disaient que c’était un secteur social, cela ne les intéressait pas. Si nous avions suivi cette pensée commune, nous n’aurions pas investi dans ce secteur », explique Papa Demba Diallo dans un entretien au « Soleil ». Aujourd’hui, l’histoire semble lui donner raison.

L’hôpital Matlaboul Fawzaini dont la construction a démarré en janvier 2019 doit être livré clé-à-main en septembre 2020. Mais la Covid-19 est venue chambouler le calendrier initial. En mars 2020, avec l’arrivée de la pandémie au Sénégal, le ministère de la Santé a demandé la livraison anticipée et partielle de l'infrastructure pour renforcer le dispositif médical mis en place et la mise en œuvre du plan d’acquisition accélérée d’équipements à cause des perturbations sur la chaîne logistique internationale. « De mars à fin mai, nous avons travaillé 24/24 pour parvenir à une livraison partielle (3 niveaux sur les 5), du Rdc au 2ème étage », explique le directeur général du Fonsis. Par ailleurs, dans une logique d'anticipation et de sécurisation, le Msas a fait le choix de s'appuyer sur différents acteurs, dont le Fonsis pour disposer dans un délai court d'équipements médicaux dont 50 respirateurs, des moniteurs, etc. Mathlaboul Fawzaïni en a bénéficié. Ainsi, la partie de l’infrastructure réceptionnée – équipée de 104 lits dont 9 de réanimation et 500 draps, 5 respirateurs et 9 moniteurs, 3 Ecg et une radio mobile, et différents équipements de réanimation – a été transformé en Centre de traitement des épidémies (Cte), qui accueille depuis le 04 juin 2020 les malades atteints de Coronavirus à Touba et environs.

A terme, l’infrastructure sera dotée de 132 lits et 6 blocs opératoires, et abritera trois services (la maternité, la chirurgie, la réanimation) et la stérilisation. Elle sera également dotée d’une station de traitement et d'épuration des eaux (Step), d’une boucle en fibre optique, ainsi que des infrastructures télécoms qui permettent à l’hôpital d’avoir une gestion digitalisée, socle du futur Dmp (Dossier Médical Patient). Aujourd’hui, le défi est de livrer la totalité de l’infrastructure en septembre comme prévu initialement. Mais la présence des malades de la Covid-19 a fortement ralenti les travaux. « Nous sommes en train de voir avec les entreprises comment poursuivre les travaux tout en garantissant la quiétude des malades », explique Papa Demba Diallo. Il annonce également le démarrage imminent des travaux de l’hôpital de Tivaouane selon le même schéma (Ppp).

Seydou KA

(Le Soleil du 14 Juillet 2020)